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Apparence des Fées
Certaines ressemblaient à des femmes de taille ordinaire, pouvant se mélanger discrètement aux paysannes, d'autres étaient toute petites ou gigantesques.
Leur physique était plus au moins attrayant. Généralement, les bonnes fées étaient décrites comme de belles femmes, tandis que les mauvaises avaient souvent plus à voir avec l'image que l'on se faisait des sorcières, vieilles et laides.
En dehors des sirènes, mi-femmes, mi-poissons, certaines Fées possédaient aussi une partie animale qu'elles dissimulaient aux humains, tels des pieds d'oie ou une queue de serpent. D'autres disposaient d'un corps diaphane et transparent, silhouettes de brume qui virevoltaient au-dessus des étangs.
La plupart des fées pouvaient se transformer à volonté, prendre une forme animale, voire se rendre invisibles.

Différentes sortes de Fées:
(+ de détails prochainement)
Habitat des Fées
Selon M.C. Delmas, Les Fées vivaient probablement dans des grottes et des dolmens, sous lesquels elles possédaient parfois un véritable univers souterrain. On évoquait également leur présence dans les bois ou près des sources et des fontaines. Les Sirènes vivaient bien évidemment au fond des mers, des étangs, des lacs et des rivières. Elles y possédaient souvent des palais merveilleux dans lesquels elles entraînaient leurs amoureux.

Les Fées et les hommes
La plupart des fées se montraient bienveillantes envers les humains avec lesquels il leur arrivait parfois de partager un peu de savoir. Ces derniers leur offraient quelques menus présents pour s'attirer leur protection et leurs bonnes grâces. Toutefois, lorsque les hommes leur manquaient de respect et se mettaient en tête de les affronter, les fées ripostaient à la hauteur de l'outrage qu'elles subissaient. Il existait également des fées sauvages et cruelles, sans pitié envers ceux qui violaient leur territoire, terrestre ou aquatique.
Comme dans les contes merveilleux, les fées rustiques se plaisaient à nommer les enfants, dont elles devenaient les marraines. Généralement, cela s'accompagnait d'une prévision future et de conditions à respecter pour que l'enfant ne meure pas.
Mais, malgré toutes leurs qualités, les bonnes fées n'en étaient pas moins redoutées des paysans.
Elles avaient un terrible défaut: les fées, voleuse de nature, s'en prenaient aussi aux nouveau-nés dont elles s'emparaient, laissant à leur place leur petit, sorte de gnome poilu et très laid.1 Cette pratique, également en usage chez les lutins, était connu sous le nom de «changeling». (Cela dit, en matière d'enlèvement, les humains n'étaient pas en reste, et de nombreux récits évoquent la capture d'une fée ou de son petit.) Dans certains pays comme la Grande Bretagne, quand un enfant nait laid avec un air vieillot, on dit encore que c'est un «enfant des fées». Pour se débarasser du changeling, il faut obliger l'enfant à parler et à avouer son âge (oujours respectable, car les enfants des fées naissent vieux.) Pour cela, il suffit généralement de jouer sur l'effet de surprise, en lui présentant un spectacle incongru, comme celui de brasser de la bière avec des coquilles d'oeufs ou d'entourer son berceau avec une multitude de pots, potées, assiettes, écuelles ou autres récipients débordant d'un liquide boullonnant. Le changeling s'écrie alors:
« J'ai plus de cent et cent ans,
J'ai vu le gland avant le chêne,
L'œuf avant la poule,
Mais je n'ai jamais vu tant de petits pots bouillants ! »
Il existait néanmoins de vraies histoires d'amour entre les fées et les hommes. Chaque fois, les fées mettaient une condition à leurs épousailles. Un tabou que le futur mari ne devait pas transgresser. L'époux faillissait irrévocablement à ses engagements et la fée disparaissait à jamais, abandonnant ses enfants qu'elle revenait voir en secret.
Par exemple, ainsi que le narre Jehan d'Arras, la fée Mélusine exigea du seigneur Raimondin qu'il lui laisse la libre disposition de ses samedi. Ce jour-là devait être réservé à son bain, qu'elle souhaitait prendre seule (dans une tour du château de Poitou qu'elle avait fait construire pour abriter leurs amours.). La demande pouvait paraître excessive, en un temps où l'on ne prenait que deux bains par an: à Noël et à Pâques. Raimondin, pourtant accepta. En échange de cette concession, il fut durant près de vingt ans le plus heureux des époux. Jusqu'au jour où, un fatal samedi, poussé par le doute et la jalousie, il vint surprendre la baigneuse, s'attendant peut-être à la trouver en galante compagnie. La belle était seule, évidemment. Mais son apparence n'était pas celle qu'il avait coutume de voir: de la taille au sommet à la tête, elle était pareille à la plus belle des femmes. Cependant, de la taille aux pieds, ses jambes fuselées avaient pris l'apparence d'une queue de serpent ! Se voyant découverte, Mélusine poussa un cri effrayant (dont l'écho hante encore les corridors du château) et s'enfuit à jamais par la fenêtre ouverte, après avoir prononcé ces terribles paroles:
«Qu'as-tu fait, malheureux ! Un très ancien sortilège m'obligeait à prendre chaque samedi l'apparence bestiale où tu m'as découverte. Mais eusses-tu patienté un samedi de plus, un seul, et je redevenais femme entièrement et pour toujours ! Hélas, tu as manqué à ta parole et je dois te fuir, toi qui viens de faire en un instant mon malheur et le tien !»
On comprend qu'après cela les fées ne fassent plus confiance aux hommes.
Au Moyen Age, plusieurs familles de nobles se vantaient de posséder une fée dans leur lignée.

Contes
La fée des fleurs
Une vieille légende roumaine dit que lorsque tout ce qui vit prit sa forme et sa dénomination définitive, seul l'homme fut mécontent car la terre lui semblait toute noire et déserte. Il sentait que quelque chose manquait pour que sa vie devînt belle et heureuse. La fée aux fleurs apparut et, en entendant ses lamentations, lui dit :
- Je vais couvrir la terre d'une parure originale qui serait à jamais ta consolation.
A un signe de sa baguette magique, des fleurs en grand nombre sortirent soudain de terre et vinrent se ranger les unes auprès des autres. La fée trempa alors sa plume magique dans les couleurs de l'arc-en-ciel et donna à chacune une coloration différente. Sa plume fit merveille et bientôt toute la terre se trouva couverte d'une multitude de fleurs de toutes sortes.
Les fiers chrysanthèmes purent s'enorgueillir de leurs robes éclatantes et multicolores, les roses de leurs pétales semblables à du velours, les œillets, les jasmins, les lilas, les giroflées de leurs tons chauds et leur suave parfum. Ce fut ensuite le tour des craintives pensées, des timides violettes, si timides qu'elles se cachent derrière leurs feuilles, des campanules et de leurs sœurs les humbles fleurs des champs. En même temps, la fée donnait à chacune d'elles un nom et lui fixait le lieu de résidence qui serait désormais le sien. S'alignant sagement, toutes ces fleurs attendaient le moment de gagner leur nouvelle destination.
Toujours peignant fleur après fleur, la fée se trouva nez à nez avec un rayon de soleil qui l'observait depuis longtemps et l'avait suivie tout au long de ses pérégrinations.
-Mon bon père Soleil, aimerait, lui dit-il, faire quelque chose pour l'humanité. Il souhaitait qu'une fleur à sa ressemblance soit comme lui revêtue d'or pour apporter sa lumière aux humains durant les journées grises où, caché par les nuages, il demeure invisible.
La fée, trempant aussitôt sa plume dans la poudre d'or en recouvrit le tournesol qu'on appela désormais le « grand soleil ».
Un enfant lui demanda ensuite d'inventer une fleur particulièrement belle, pour l'offrir à sa maman. Après avoir réfléchi, la fée choisit le blanc qui est la couleur des candides pensées de l'enfance et , voulant dépeindre la douceur d'un sourire maternel, créa le lys qui est et restera à jamais le symbole de l'innocence.
Lorsque toutes ces fleurs furent prêtes pour réconforter les pauvres humains, on entendit, venant de très loin, de sous un amas de neige, comme un soupir d'enfant abandonnée :
-Je suis la seule à avoir été oubliée, bonne fée, disait une petite voie plaintive, et je suis restée sans couleur et sans nom. Lorsque mes sœurs se disperseront sur la terre pour accomplir leur mission et que leur beauté réjouira les regards, moi je resterai ici et personne ne le saura.
Tout émue, la fée répondit :
- Ne sois pas malheureuse, petite fleur. Toi, qui es la dernière, tu sera la première. Parce que tu as été oublié, petit perce-neige, c'est toi qui, avec tes clochettes toutes blanches, seras chargé d'annoncer la venue du Printemps. A ta vue, tous se réjouiront.
Et c'est depuis ce temps-là que ces fleurs poussent aux quatre coins de la terre et qu'elles emplissent de joie le cœur de tous les hommes épris de beauté.
(Extrait de 65 Légendes et Récits autour du monde)

1 Paul Sebillot
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